Les 22, 23 et 24 juin 2009 à l'IUT de l'Université d'Auvergne, Clermont-Ferrand, sur le site du Puy-en-Velay en Haute-Loire
Présentation du colloque
« De l’espace virtuel, du corps en présence »
Nouvelles architectures, nouveaux contextes et nouvelles interfaces du 22 au 24 juin 2009 à l'IUT de l'Université d'Auvergne, Clermont-Ferrand, sur le site du Puy-en-Velay en Haute-Loire.
Il y a quatre incorporels : le temps, le lieu, le vide et l’exprimable, selon les stoïciens cités par Anne Cauquelin dans un ouvrage en forme de « contribution à une théorie de l’art contemporain »[1].
Il nous a semblé que beaucoup de malentendus subsistent ou se font jour aujourd’hui autour des questions soulevées par l’usage des technologies numériques, en particulier dans les domaines de l’art, de la culture, de la communication, mais pas seulement.
La problématique de ce colloque est celle de notre espace désormais : espace de vie, espace de travail et d’échanges. Nous l’avons abordée expérimentalement, dans la création d’une plate-forme collaborative, espace d’échanges, de collaborations donc, mais également espace de création, de réflexion. Espace virtuel, simulé, vicariant, modélisé, selon les auteurs. Espace concernant des corps bien réels, ceux des membres de l’équipe, occupant un espace, des territoires… dont les interactions avec la plateforme fondent la réflexion initiale de ce projet.
Il nous a semblé opportun de soumettre nos hypothèses au débat avec des chercheurs des praticiens concernés.
En interrogeant notre espace de sociabilité, notre espace d’habitation, notre environnement de travail, ces lieux définis non pas par une architecture tangible mais par des pratiques, des connivences, des intérêts ou des besoins communs, nous invitons à une approche sensible du territoire, fondée sur les usages, les ambiances et les dissidences (réappropriations ou transformations de lieux par exemple pour un usage différent de ce pour quoi il était conçu).
Quelle inscription du corps dans l’espace ? Quelle relation du corps à l’espace ? Quelle(s) expérience(s) corporelle(s), physique(s)/concrète(s) de l’espace : « l’espace en expériences »[2] ?
Comment les arts, l’architecture, le design et les arts visuels modifient-ils, par le truchement d’artefacts vraisemblables, notre perception de l’espace nous offrant ainsi d’éprouver la présence sensible d’une réalité nouvelle (affectant indifféremment le corps et l’esprit) : « […] ce que j’éprouve de mon corps et de sa place dans le monde »[3].
Peut-on définir aujourd’hui, tandis que se développent les espaces numériques d’échange, de rencontre d’exposition de soi, et de notre environnement, la place du corps dans le monde d’un seul point de vue sensible ? Comment expérimentons-nous, comment nous approprions-nous, comment occupons-nous aujourd’hui l’espace réel mais aussi virtuel ? Comment notre perception de l’espace ne serait-elle pas modifiée par l’affirmation et le développement de territoires numériques que nous parcourons quotidiennement ?
D’autres questions se succèdent : Comment exposer le corps désormais ? Dans quel environnement évolue-t-il ? Irréductible au corps qui se montre, l’esthétique du corps se saisirait-elle dans l’espace (du dedans et subjectivement) par l’entremise de gestes, d’actions et de mouvements aux nombreuses dynamiques "internes" (vivacité, intensité, etc.) ?
Dès lors, s’interroger sur l’existence d’un engagement du corps à l’espace, c’est aussi s’interroger sur la manière dont le corps lui-même s’en trouve modifié, perturbé. Le corps définirait-il un lieu dans l’espace ? « Lieu vivant et espace de présence au monde » écrivait Agnès Favard[4].
Ainsi, parce qu’il nous est donné d’être à l'oeuvre dans le monde et d’y vivre pleinement comme sujet, l’expérience que nous avons choisi ici de préciser ne concernera pas seulement celle du regard, mais impliquera celle du corps tout entier, corps incertain, sensible et physique, agissant et pensant dans un environnement en perpétuelle redéfinition.
Owen Kevin Appadoo, David Bihanic, Jean Delsaux, Pascale Weber
[1] Anne Cauquelin, « Fréquenter les incorporels » (contribution à une théorie de l’art contemporain), p.15, PUF, Paris, 2006.
[2] Marc Dumont, « L’espace en expériences », EspacesTemps.net, 18.10.2007. URL : http://espacestemps.net/document3563.html
[3] Jacques Gaillard, « Expérience sensible/singularité/émergence créative et didactique de la danse », colloque « Danser, faire danser », AEEPS, Grenoble, 27-29.10.2008.
[4] Agnès Favard, « Le corps, lieu vivant de la présence », colloque ITREC « Corps et Conscience », Paris, 20-21.03.1993.